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Crise aux Antilles : le mépris pour toute politique


La crise dans laquelle nous sommes entrés a cette particularité de pousser à leur paroxysme la contradiction des intérêts de classe. Le conflit des Antilles l'illustre à point.

Mais revenons plus avant.

La période inaugurée par la crise retentissante des "surprimes hypothécaires" aux États-Unis s'est  répercutée depuis à l'ensemble du monde. D'abord au secteur bancaire , ensuite à l'économie réelle, à l'industrie et aux services.
Et encore n'en voyons nous que les prémices. Le plus dur arrive. Nous n'en ignorons que le niveau de la violence du choc et de la durée de l'impact.

Déjà la liste des licenciements s'égrène chaque jour. De plus en plus  massifs, ils affectent tous les secteurs. Les stocks des entreprises gonflent. La déflation et la récession guettent. Le chômage technique et les congés payés forcés pour toute politique dans le meilleur des cas, les licenciements secs au pire. C'est le sort que subissent des Français, des  Européens et des millions de travailleurs de par le monde.

Toute la violence du capitalisme est  là. Brutale, cruelle, impitoyable. Elle brise les individus et les familles. Des villes et des régions entières sont menacées de sombrer dans le pire désastre économique.

Cette crise est le produit de l'inconséquence d'un système économique et politique qui repose sur l'avidité de quelques uns en dépit des souffrances et dans le plus total mépris de la condition humaine.

Pour la Gauche, au delà de la simple interprétation du monde, le rôle de la politique est justement de le changer comme l'énonçait Karl MARX en introduction du manifeste du Parti communiste.

Que de temps perdu, de renoncements et de capitulations en chaîne a-t-il fallu subir au nom de la tempérance, et de l'adaptation à la soi-disante réalité des choses ou devant l'adoration d'un archaïsme affublé des oripeaux de la modernité.

Non vraiment, rien n'a finalement été épargné à ceux qui n'avaient comme seul idéal l'avénement de la la république, démocratique laïque et sociale, autrement dénommée socialisme démocratique en opposition aux errements commis en son nom, ailleurs au 20 ème siècle .

Je digresse et partant ne traite pas le sujet qui m'occupe. En débutant cette note je pensais précisément à la situation sociale aux Antilles.

Les revendications exprimées par le LKP sont légitimes. Pour ceux qui ignoraient encore la réalité économique cachée derrière ces décors de carte postale, d'îles paradisiaques au sable blanc et au soleil dardant de mille feux, la réalité est beaucoup plus brutale et sordide (vie chère, monopole d'importation des produits de première nécessité, inégalités de traitement dans la fonction publique et dans le secteur privé, carence de l'Etat dans son obligation de contrôle des prix et des abus de position dominante, carence dans la réglementation des importations, inégalités de traitement dans le droit à prestations sociales etc.). 

On a souvent dit que la République était bonne fille. en tout cas, elle n'est pas bonne mère !

Le principe de continuité territoriale qui garantit l'unité et l'indivisibilité de la République n'est pas assurée au regard de ce que je viens de dire. Les ultra-marins sont des Français comme les autres à égalité de droits et de devoirs et à ce titre sont légitimement fondés à constater les inégalités, à les contester et à en demander la réparation.

La question sociale soulevée par les Antillais n'est en fait que le concentré insulaire des inégalités que nous pouvons constater en France métropolitaine. Derrière la dimension sociale et économique particulièrement contrastée et tendue, se cachent assurément des éléments à caractère historique et culturel, qui ne sauraient seulement être pris en considération. Mais ils ne sont ,en réalité, secondaires au regard des revendications portées par le collectif LKP et les organisations syndicales.

Ce conflit social est notre conflit. Il doit être compris comme la répétition de la journée du 19 mars. Les atermoiements du gouvernement à rencontrer les principaux acteurs représentants des travailleurs en grève, le renoncement à tenir les accords passés par un ministre en préfecture puis démentis par la suite par le Premier des ministres, les rodomontades et les coups de bâtons comme toute politique avant de finir par la provocation pour aboutir au pourrissement du conflit. Cette gestion politique de la crise conduit forcément les éléments les plus incontrôlés à quitter le champ revandicatif pour s'engager dans des actions désespérées qui conduient aux pires errements et à la mort du syndicaliste Jacques PINO.

La responsabilité politique de ce gouvernement est engagée. Après plus de 5 semaines de grève les esprits sont à bout, et le mouvement cherche une issue. On ne saurait avoir le mépris pour toute politique. C'est bien pourtant celle que nous sert le Gouvernement Sarkozy-Fillon. Nous saurons nous en souvenir !

Aujourd'hui nous sommes tous des Jacques PINO ! Souvenons-nous en le 19 mars prochain dans la rue en étant encore plus nombreux que le 29 janvier !
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