Le peuple irlandais a dit NON ! Nous ne voulons pas de cette Europe là !
Le peuple français souverain et constituant a rejeté le traité constitutionnel européen en 2005. Cette décision a permis d'invalider toute tentative de faire de l'architecture économique
néo-libérale un système politique à part entière.
Le peuple néerlandais ne s'y était pas trompé puisque le non français avait permis de le rassurer en lui démontrant qu'il était possible de concevoir autrement l'Europe politique à laquelle nous
aspirons tous.
Désormais le non irlandais au Traité de Lisbonne, succédané du TCE, rend définitivement caduque toute velléité de construire le destin politique de l'Europe sans le concours des
peuples.
L'unité politique de peuples aussi divers que ceux qui forment l'Europe ne peut se faire que s'ils ont l'assurance que le destin commun qu'ils sont appelés à construire se fera
sans que le développement de l'un ne nuise à l'autre, autrement dit que les richesses communes soient équitablement et justement partagées entre tous, et que nul territoire ou peuple ne
saurait être oublié ou exclu.
C'est d'ailleurs pour cette raison que, en l'état des choses, la question fiscale comme la question sociale ne figurent pas au titre des compétences qui puissent faire
l'objet d'une politique communautaire européenne. La distorsion et les concurrences fiscales et sociales jouent à plein quand il s'agit d'enrichir quelques-uns. Mais la partie en serait très
certainement changée si c'était le projet de salaire minimum européen et celui d'une taxe européenne sur les capitaux qui formaient la pierre d'angle de la construction
européenne.
Des critères de convergences pourraient être mis en place et de ce seul fait mobiliser les forces économiques et
sociales autour de ce projet politique fédérateur qu'est la construction européenne.
La Gauche européenne a donc une responsabilité particulière à se déterminer rapidement sur ces questions, sauf à
ce que l'idée européenne soit laissée entre les mains des fossoyeurs que sont Barroso et consorts... ou de pires aux plus funestes desseins !
À coup sûr, les conditions seraient enfin réunies pour que chaque peuple adopte favorablement une constitution qui s'appuierait sur un texte clair et compréhensible par tous, condition
indispensable de l'exercice de la souveraineté nationale et populaire.
Saisissons nous donc des prochaines élections européennes pour poser les termes de la renaissance de l'Europe politique et sociale des peuples ! C'est cela le plan B de la Gauche
européenne : donner un mandat constituant aux prochains députés européens !
Arnold STASSINET
Vice-président de la Communauté d'agglomération du Val d'Orge (2001-2008).