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Où va le Parti socialiste ?

Autant la phase du congrès de Reims avait-elle un intérêt dans la mesure où, il y avait bien des options politiques entre certaines motions, notamment celles conduite par La Gauche du Parti conduite par Benoit Hamon,  unie pour la première fois depuis 30 ans et celles conduite par Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini soutenue par Ségolène Royal, courant à la dérive  populiste et néo-péroniste à tendance télévangéliste !

 

Mais contrairement à ce qu'en rapportaient les médias avec leur entêtement à vouloir simplifier et pipoliser à l'extrême le débat politique au point d'en faire des jeux du cirque dignes de l'époque romaine, ce débat a eu lieu.

Même si les autres motions conduites par Bertrand Delanoë et Martine Aubry rassemblaient ici où la de biens curieux attelages idéologiques relavant pour partie du plus pur social-libéralisme et d'autres opposants à la politique néo-libérale européenne et nationale telle que conduite et acceptée par les dirigeants de ce Parti . D'aucuns les caractérisaient comme le mariage de la carpe et du lapin. Tout en était dit !

Quoiqu'il en soit, le corps électoral du Parti socialiste a tranché. Il a placé Ségolène Royal et ses suppôts en tête et la Gauche du Parti, pour une fois unifiée depuis 30 ans,  a été battue en ne recueillant que 18,5 % des suffrages (moins d'un socialiste sur 5 et donc sur 10 si on le rapporte à la participation). Les motions conservatrices quant à elles ont recueillies des scores d'un socialiste sur 8 (puisque la participation au scrutin est de l'ordre de 50%) . 

 

Qui plus est dans une période de crise économique et financière le PS ne parvient pas à mobiliser ses propres militants. Il n'apparaît comme étant la force politique susceptible de dégager une alternative politique à la politique menée par SARKOZY-FILLON.

 Les textes qu'il produit ne parviennent pas à prendre l'ampleur de la crise à laquelle nous allons devoir faire face et où le choc sera des plus rudes pour les salariés de ce pays. Incapable de générer un discours d'opposition au moment où les salariés en ont tant besoin, tant qu'il est préoccupé par la question de la prochaine échéance présidentielle. Ce parti ne sent plus rien, il est auto centré sur lui-même et la course aux mandats.

 

  Ce parti se meurt de son incapacité à générer un discours, une orientation, une ligne de force et de combat.

La Droite se trouve sans opposition. Les conflits sociaux se retrouvent dangereusement sans relais au péril des acquis sociaux les plus essentiels comme on peut le voir concernant la retraite (à 70 ans !) ou la défense de l'école publique . La liaison entre le mouvent social et les résistances sociales et le Parti ne se font plus depuis quelques années. La distorsion est désormais trop grande, et les salariés ont tendance eux aussi à ne plus vouloir lui faire de crédit.

 

Les échecs successifs aux élections les plus politiques que sont la  présidentielle et les législatives sont là pour en attester. Les succès aux élections locales permettent de dissimuler la mutation que ce parti est en train d'accomplir. De Parti des salariés il n'est devenu que le parti des élus, de ceux qui en vivent et de ceux qui aspirent à l'être à leur tour. L'exercice même des mandats perd de son contenu politique au point même que certains pourraient être interchangeables avec ceux de Droite!

Toute politique qui viserait à remettre en cause par des prises de position radicales pour faire échec à la Droite sont vouées à l'échec dès lors qu'elle peuvent de près ou de loin compromettre les intérêts de la gestion locale. Gestion locale qui compte tenu des transferts de compétence s'assimile à des tâches de gestion pour lesquelles la contestation d'un ordre social de plus en plus inégalitaire est impossible. J' y reviendrai très prochainement à l'occasion d'une note sur l'intercommunalité et le maintien des inégalités de richesses et de ressources en général et en particulier dans le Val d'Orge.

Ces mêmes élections locales, faut-il le rappeler avaient, été gagnées compte tenu du fait que la Droite était démobilisée et que le scrutin avait subi pour la première fois dans l'histoire des municipales un très fort taux d'abstention.

 

Cette situation est extrêmement dangereuse, et ceux qui se drapent du discours de la proximité et du pragmatisme comme seule réponse politique devraient approfondir leur analyse.

  Le confort de la victoire aux élections locales n'a pas permis détecter les germes de la crise ! Et pour cause !

  Aujourd'hui les vainqueurs et les vaincus se déchirent au sein du Parti socialiste. En même temps la ligne du Parti d'Epinay auquel j'ai adhéré en 1981 est piétinée par Ségolène Royal, Julien Dray, Vincent Peillon, Manuel Valls et consorts !   Quel bel attelage !

Or pour moi il n'y a qu'une ligne pour le Parti socialiste et qui ne saurait être remise en cause  : Un projet politique et social qui remette en cause la construction néo-libérale de l'Europe, une redistribution des richesses  par la mise en place de critères de convergence vers un salaire minimum européen, vers une fiscalité européenne progressive sur le revenu comme sur le bénéficie des sociétés. L'Europe que nous nous devons de construire sans attendre, c'est celle qui  introduit un protectionnisme européen basé sur le tarif extérieur commun, comme nous avons su le faire avec le Charbon, l'acier et l'agriculture ! L'Europe que nous voulons pour sortir de ce guêpier aussi par  une réforme des institutions pour approfondir l'alliance de toutes les forces de Gauche pour battre la Droite partout en Europe et exclure tous ceux qui se complaisent en Europe dans la co-gestion  quitte à renforcer les rangs de la peste brune comme on a déjà pu le voir en Autriche ou ailleurs en Europe.

 

Vraiment le Parti socialiste d'Epinay n'est plus lorsqu'on assiste au spectacle affligeant des menaces de procés en contestation et de la promptitude de certains de ses adhérents à faire des manifestation en soutien à leur leader plutôt que d'être aux côtés des postiers, des hospitaliers, des enseignants, des travailleurs sociaux et de tous ceux qui aujourd'hui sont menacés dans leur emploi et auxquels la Droite n'a de cesse que de ronger les quelques acquis qui leur restent.

 

Non quelque chose est définitivement cassé au Parti socialiste. ! L'heure de la reconstruction a sonné !

 

 

Arnold STASSINET

 

 

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