Nette progression des syndicats combatifs en dépit de l'abstention
organisée par le pouvoir
Oui, le pouvoir a tout fait pour organiser l'abstention à ces élections prud’homales.
Pas un seul débat télévisé dans les médias de service public, pas une seule explication de masse en direction des19 millions d¹électeurs concernés.
Des millions de salariés ne savaient ni le motif du vote, ni le lieu, ni comment voter.
Dans ces conditions qu¹il y ait encore 4,7 millions de votants est un miracle extraordinaire et positif qui montre l'attachement remarquable d¹un nombre considérable de salariés au syndicalisme
français.
Vive le syndicalisme !
Honneur et courage aux syndicalistes dans le privé, des héros qui résistent à la chasse aux sorcières généralisée et défendent les droits de 16 millions de
salariés, le code du travail !
Il n'a pas été expliqué aux immigrés qu'ils avaient le droit de voter pour élire les juges de la république.
Il n'a pas été dit aux chômeurs qu'ils avaient le droit de voter.
Il n'a pas, été dit aux jeunes de 16 que des lors qu¹ils avaient un contrat de travail ils avaient le droit de voter.
Il n'a pas été dit aux 8 millions de salariés des entreprises de moins de 50 salariés, soit 97 % des entreprises, qu'ils avaient le droit de quitter leur travail pour aller voter sans perte de
salaire.
Les difficultés d'inscription sur les listes ont été aussi grandes que les fois précédentes.
Les lieux de vote sont demeurés des lieux aussi peu connus qu¹avant.
Pire la presse de service public radio et télévision s'est comportée de façon à banaliser le vote et à encourager l'abstention. Un vrai tam-tam pro-abstention !
Ce fut le cas pour France inter, qui le matin même n'informe pas sur le vote mais sur le ³probable taux d¹abstention. Toute la communication des plus grands médias était orientée sur l¹abstention
y compris les rares spots télévisés. Sans omettre Le Figaro qui, la veille, explique que le scrutin coûte 90 millions et qu'il vaut mieux le supprimer vu qu'il n'y a pas de participants ce qui
est le point de vue explicite du Medef et de la Droite.
D'ailleurs le Medef perd 8 points, la CFDT perd 3 points tandis que la CGT gagne 1,5 points largement en tête, et Sud gagne 2,5 points...
Mais là encore, le 4 décembre, au matin, de façon scandaleuse, France inter parle fort peu d¹un
scrutin qui concerne pourtant 19 millions de personnes, le commente peu et mal, soulignant surtout l¹abstention obtenue, se gardant de souligner les causes des progrès de la CGT et de Sud, et du
très sec recul de la CFDT (du à la trahison de mai 2003 de François Chérèque signant la loi
Fillon contre les retraites, la nuit, dans le dos du front syndical auquel il participait).
Le progrès, pour la première fois de la CGT depuis 1979 n'est pas souligné, on ne connaîtra ni les chiffres des conseillers prud'hommes élus, ni leur répartition, il n'y aura pas d¹écho des
sièges électoraux, c¹est un pur
mépris, un pur déni d¹information.
Mais cela n'empêchera pas que le vote exprime déjà ce qui va subvenir dans la période qui vient : la combativité sociale s'accroît partout, des centaines d¹entreprises sont l¹objet de plans de
licenciements iniques, injustifiés, effets d'aubaine patronale du à la crise des banquiers et banqueroutiers. Le blocage de salaires est devenu insupportable alors que des centaines de milliards
ont été accordés aux tenants de l¹économie casino pour qu¹ils continuent à spéculer comme avant.
Les observateurs attentifs savent qu'une explosion sociale est désormais possible.
Notons que des centaines de plans de licenciements sont en cours et aussi des centaines de grèves partout dans le pays...
Raymond Soubie, conseiller expérimenté en affaires sociales de Nicolas Sarkozy vient de déclarer qu'il n'a jamais en 40 ans d¹expérience, voulu annoncer un quelconque "printemps chaud" ou
"automne chaud", mais qu¹aujourd'hui, ce n¹est plus pareil, selon lui "tout est chaud"... Henri Guaino n'en a pas dit moins, en prétendant qu'une explosion est possible à tout
moment...
Toutes les données sont là, ce pays ne supporte plus le féroce traitement antisocial qui lui est imposé par ce
gouvernement de sauvages barbares intégristes, qui prônent la mort du code du travail, le travail le dimanche, les 45 heures payées 35, la retraite à 70 ans, les licenciements boursiers !
Les Chiffres : 4,7 millions d'électeurs pour les syndicats !
La CGT reste à la première place et, avec 33,8% des suffrages exprimés, voit, pour la première fois depuis la création du scrutin en 1979, son score
progresser (+1,6 points).
La CFE-CGC récupère à la CFDT la première place dans la section encadrement et sur tous
les collèges est en hausse de 1,2 points avec 8,2 % des voix.
De même pour l'Unsa (6,2 %) avec laquelle la confédération de d'encadrement envisage de fusionner courant 2009.
Enfin, l'Union syndicale Solidaires enregistre la plus forte hausse avec + 2,5 points et 3,8 % des suffrages, en particulier du fait d'un triplement du nombre de
ses candidats par rapport à 2002.
À l'inverse, la CFDT perd près de 3 points à 22,1 %, FO 2,3 points à 15,9 % et la CFTC 0,7 point à 8.9 %.
Côté patronal, les employeurs de l'économie sociale (AEES) confirment leur "percée" en recueillant 19 % des suffrages exprimés. L'UDE (Union pour les droits des employeurs) qui réunit
Medef, CGPME, UPA, FNSEA et UNAPL reste en tête avec 72.1 % des suffrages mais baisse nettement par rapport au scrutin précédent (80,12 %).
Autre enseignement du scrutin, la participation baisse à nouveau, au niveau historiquement bas de 25,66 % (32,35 % en 2002), malgré un élargissement des modalités de vote avec
la généralisation du vote par correspondance et l'expérimentation à Paris du vote électronique.
Au total, 25,5 % des salariés et 31,25 % des employeurs ont participé au vote, ce qui, de l'avis de nombreux observateurs de droite pro patronaux, pourrait leur permettre de mettre en
question de l'avenir de ce scrutin sous sa forme actuelle.
Le nombre de votants est pourtant de 4,7 millions (contre 5 617 630 en 2002).